Lectures Méridiennes 29 avril 2017

 

Sans Véronique de Arthur Dreyfus

Soudain le large de Julien Decoin

L’abandon des prétentions de Blandine Rinkel

Trois livres déjà lus par plusieurs lecteurs et qui suscitent débat… à suivre…

 

Marx et la poupée de Maryam Madjidi

« Non ? Ce n’est pas un livre politique, non ce n’est pas un livre pour enfants, non ce n’est pas non plus une énigme. C’est tout simplement le récit d’une RE-NAISSANCE. Trois naissances successives écrites avec humour, autodérision, émotion, rires, pleurs et plein d’amour. Amour de la poésie iranienne. Amour de Paris. Amour de la LIBERTE à la française. Amour de la langue française malgré toutes les difficultés rencontrées lors de l’apprentissage. » Pierre 

Comment être Français de Chahdadt Djavann

Soudain j’ai entendu la voix de l’eau de Kawer Kami Hiromi

Mon étrange sœur de Marie Le GALL

C’est l’histoire de deux sœurs que dix-neuf années séparent. La plus jeune bouleverse par sa naissance inattendue la vie de la grande, jeune fille extravagante et tourmentée, victime des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Devenue adulte, la petite raconte la vie de son aînée, sa joie, ses jeux délirants, sa « folie » puis son errance, entre séjours à l’hôpital et brefs retours dans la maison familiale.
Qui est donc cette « étrange sœur » ? De quel mal souffre-t-elle vraiment ? Un doute habite depuis toujours la narratrice, et l’hypothèse formulée à la mort de son aînée sonne comme une révélation et une délivrance.

Le vieux saltimbanque de Jim Harrison

«  L ‘ogre aimait les femmes, les vins français, le cassoulet, les bistrots parisiens et l’épicerie fine du Printemps à Paris. L’ogre aimait la pèche, la nature sauvage, Paris, les lecteurs français.. L’ogre nous a offert une œuvre rabelaisienne. L’ogre nous a laissé une œuvre en forme de biographie d’un autre, lui-même. L’ogre s’appelait Jim Harrison. A lire ou relire : Légendes d’automne, Davla, La route du retour, Une Odyssée américaine » Pierre

Chaque jour et un adieu d’Alain Rémond

Patte de velours et œil de lynx de Maria Ernestam

Je me suis tu de Mathieu Ménegaux

Poussière de la route De Henri Calet

Arrête tes mensonges de Philippe Besson

Le crépuscule de Joseph Conrad

 

Asli  ERDOGAN  Le silence même n’est plus à toi

Vingt-neuf textes parus dans la presse au cours des dix dernières années – chroniques politiques, réflexions sur l’écriture et l’exil, essais mixtes sur les actions gouvernementales, les pesanteurs archaïques et les clichés à l’oeuvre dans la vie quotidienne en Turquie – qui éclaireront le profil d’essayiste engagée de Asli Erdogan et permettront de comprendre pourquoi l’auteur, victime de la chasse aux sorcières déclenchée en juillet 2016, est actuellement en prison. L’écriture toujours soignée et traversée de fulgurances poétiques de la romancière trouve ici un autre terrain d’expression, non moins convaincant.

Asli  ERDOGAN Le Mandarin miraculeux
Une jeune étrangère marche dans l'obscurité. Sur les rives du lac Léman, elle se met en danger, dans les ruelles escarpées de Genève, les endroits mal famés, elle rôde à la nuit tombée. Depuis le départ de son amant, elle écrit le soir dans les cafés. Dans ces lieux trop éclairés, enfumés, parfois accueillants, elle fait le constat d'une jeunesse gaspillée, s'invente un double fictionnel, une femme belle et capable d'aimer. Puis elle repart dans l'ombre. Adolescente, déjà, elle bravait l'interdit en sortant très tard. Sur les rives du Bosphore, la peur était pour elle symbole de liberté, mais ses rencontres d'alors semblent l'avoir blessée à tout jamais. En silence, dans le noir, elle approche. L'amour a un œil de trop, dit-elle à ceux qui la menacent et qui soudain reculent en découvrant, à la lumière d'un réverbère, son nouveau visage... A travers les rencontres et les souvenirs étranges de cette jeune femme, émigrée en Suisse pour fuir les interdits de son pays, ce livre aborde le thème du danger comme un défi, comme si la peur ne se situait pas dans les lieux du sordide mais se révélait, de façon insidieuse, au plus profond de l'âme et au moment précis où le manque d'amour devient insurmontable.

Michèle LESBRE Chère brigande

La silhouette libre et rebelle de Marion du Faouët, « Robin des bois » bretonne qui, dans les premières années du XVIIIe siècle, prenait aux riches pour redistribuer aux pauvres, a toujours fasciné Michèle Lesbre. Parce qu'une femme aux cheveux roux prénommée Marion, qui avait élu domicile dans une boutique désaffectée en bas de chez elle, a soudain disparu, les traits de l'autre Marion, la « chère brigande », se superposent à ceux de la SDF parisienne. L'écrivain décide alors de partir sur les traces de l'insoumise bretonne, qui mourut sur le gibet à trente-huit ans, lui adressant, pour conjurer l'injustice du monde et sa propre impuissance, une longue lettre.À la faveur du trajet en train vers Quimper, les souvenirs d'une autre époque de sa vie resurgissent, quand, jeune militante, elle manifestait contre la guerre d'Algérie ou, institutrice, elle apprenait à lire aux enfants. La vie de Marion agit comme un miroir tendu à ses utopies et à ses révoltes passées : à dix-huit ans, Marion, elle, créait une bande de brigands. Avec des comparses recrutés parmi ses proches, elle allait écumer les bois et redresser les torts. Le Faouët, les monts d'Arrée, Quimper : tous ces lieux, où Marion a vécu et que l'enquêteuse arpente, ravivent la vaillance et l'impétueuse générosité de son héroïne. Michèle Lesbre, dans ce texte lumineux, laisse sonner le rire frondeur d'une gamine formée à l'école de la vie, d'une grande amoureuse et d'une femme qui a lutté à sa façon contre une misère choquante. Une belle manière de nous parler d'elle, de nous, du monde dans lequel nous vivons. Sa lettre s'achève ainsi : Dors tranquille, chère brigande, tu m'as sauvée pendant quelques jours de notre démocratie malade, des grands voleurs qui, eux, ne sont presque jamais punis parce qu'ils sont puissants, de ce monde en péril. Tu n'étais pas un ange, mais les anges n'existent pas.

 

Jean-Pierre Le Goff  La fin du village

À travers la description et l’analyse de la vie quotidienne d’une ancienne collectivité villageoise provençale, ce livre s’attache à décrire la mentalité et le style de vie de ses habitants en soulignant les mutations et les bouleversements que cette collectivité a subis depuis la dernière guerre jusqu’aux années 2000. L’urbanisation et la modernisation ne signifient pas seulement la fin d’un monde clos et de son « chauvinisme de clocher » ; elles se paient d’une dissolution du lien collectif, entraînant l’individualisme vers une « postmodernité  problématique. »
La « fin du village » constitue une sorte de « groupe témoin » d’une France morcelée et d’une évolution problématique des sociétés démocratiques, que les responsables politiques et les citoyens se doivent d’affronter au plus près des réalités. 

 

Prochaines Lectures Méridiennes : 10 juin