Lectures Méridiennes
4 février 2017

 

Lectures croisées

La faim blanche de Aki Ollikainen

Un roman d’une grande intensité dramatique, où l’on découvre l’une des dernières marches pour la faim à l’orée du XXe siècle  et qui fais fait écho à notre société contemporaine avec les déplacement de populations poussées hors de leur pays par la guerre ou les nouvelles conditions climatiques. Aki Ollikainen met au jour les abîmes de la nature humaine, mais aussi les espoirs qu’elle fait naître.

Les Giboulées de soleil  de Lenka HornakovaÁ-Civade

Elles s’appellent Magdalena, Libuse et Eva et partagent le même destin : de mère en fille elles grandissent sans père. Mais de cette malédiction, elles vont faire une distinction. Chacune a sa façon, selon sa personnalité, ses rêves, ses lubies, son parler et l’époque qu’elle traverse. Malgré elles, leur vie est une saga : Magdalena connaîtra l’annexion nazie, Libuse les années camarades et Eva la fin de l’hégémonie soviétique. Sans cesse des imprévus surgissent, des décisions s’imposent, des inconnus s’invitent. À chaque fois, Magdalena, Libuse et Eva défient tête haute l’opinion, s’adaptent et font corps.

L’opticien de Lampedusa d’Emma Jane Kirby

 La cinquantaine, l'opticien de Lampedusa est un homme ordinaire Il nous ressemble. Il est consciencieux, s'inquiète pour l'avenir de ses deux fils, la survie de son petit commerce. Ce n'est pas un héros. Et son histoire n'est pas un conte de fées mais une tragédie : la découverte d'hommes, de femmes, d'enfants se débattant dans l'eau, les visages happés par les vagues, parce qu'ils fuient leur pays, les persécutions et la tyrannie. 

L'opticien de Lampedusa raconte le destin de celui qui ne voulait pas voir. Cette parabole nous parle de l'éveil d'une conscience. Au plus près de la réalité, d'une plume lumineuse et concise.

Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

En 2015 Sylvain Tesson part à la rencontre d’un pays sauvage, bizarre et méconnu. C’est aussi l’occasion d’une reconquête intérieure après le terrible accident qui a failli lui coûter la vie en août 2014. Le voici donc en route, par les petits chemins que plus personne n’emprunte, en route vers ces vastes territoires non connectés, qui ont miraculeusement échappé aux assauts de l’urbanisme et de la technologie, mais qui apparaissent sous sa plume habités par une vie ardente, turbulente et fascinante.

 

Une année chez les français de Fouad Laroui

C’est en 1970 que le ciel tombe sur la tête du petit Mehdi. Ébloui par l’intelligence et la boulimie de lecture de son jeune élève, son instituteur s’est battu pour lui obtenir une bourse dans le prestigieux lycée Lyautey de Casablanca, réservé aux enfants des hauts fonctionnaires français et des familles les plus influentes du régime marocain. Pauvre, libre, heureux, Mehdi a passé ses dix premières années au pied de l’Atlas. Il n’envisageait rien d’autre que de continuer à jouir de l’existence. Du jour où son oncle l’abandonne à l’entrée du lycée, la découverte du mode de vie des Français est pour lui un véritable choc culturel. Entre "Le Petit Chose" et "Le Petit Nicolas", l’histoire émouvante et cocasse d’un enfant propulsé dans un univers aux antipodes de celui de sa famille. Un livre qui fait du bien.

Le matin est servi d’Eric Malpass et Anne Marie Soulac

Il s'appelle Gaylord, il est anglais, il a sept ans, et vous retrouverez tout au long de ce livre le monde neuf de votre enfance. Insupportable et charmant, débrouillard et gaffeur, téméraire et froussard, Gaylord fourre son nez partout, donne son avis sur tout : les amours de ses tantes, les colères de grand-papa, les problèmes familiaux et même Bessie la truie... Son amitié pour Willie l'Idiot, l'animosité que lui portent les horribles frères de celui-ci, lui feront frôler de près le plus grand danger de sa vie. Mais tout finira bien : on ne résiste pas à Gaylord.

L’administrateur provisoire d’Alexandre Seurat

Découvrant au début du récit que la mort de son jeune frère résonne avec un secret de famille, le narrateur interroge ses proches, puis, devant leur silence, mène sa recherche dans les Archives nationales. Il découvre alors que son arrière-grand-père a participé à la confiscation des biens juifs durant l'Occupation. Le récit tente d'éclairer des aspects historiques souvent négligés jusqu'à récemment, l'aryanisation économique de la France de Vichy, crime longtemps refoulé par la mémoire collective. Une enquête à la fois familiale et historique bouleversante, s'appuyant sur des documents réels.

Sapiens de Yuval Noah Harari

Il y a 100 000 ans, la Terre était habitée par au moins six espèces différentes d’hominidés. Une seule a survécu. Nous, les Homo Sapiens.

Comment notre espèce a-t-elle réussi à dominer la planète ? Pourquoi nos ancêtres ont-ils uni leurs forces pour créer villes et royaumes ? Comment en sommes-nous arrivés à créer les concepts de religion, de nation, de droits de l’homme ? À dépendre de l’argent, des livres et des lois ? À devenir esclaves de la bureaucratie, des horaires, de la consommation de masse ? Et à quoi ressemblera notre monde dans le millénaire à venir ?

 Sapiens est un livre audacieux, érudit et provocateur. Professeur d’Histoire à l’Université hébraïque de Jérusalem, Yuval Noah Harari mêle l’Histoire à la Science pour remettre en cause tout ce que nous pensions savoir sur l’humanité : nos pensées, nos actes, notre héritage... et notre futur.


Une nuit Markovitch de Ayelet Gundar-Goshen

1939. Zeev Feinberg et Yacoov Markovitch quittent leur petit village de Palestine, direction l'Allemagne, où ils ont pour mission d'épouser de jeunes Juives afin de les sauver des griffes des nazis. De retour chez eux, ils leur redonneront leur liberté en divorçant. Mais si Zeev a bien l'intention de retrouver la femme qu'il aime et son enivrant parfum d'orange, Yacoov, lui, ne tient pas à laisser partir Bella, " la plus belle femme qu'il ait vue de sa vie ". Cette dernière est pourtant déterminée à s'en séparer... 

Les oiseaux de passage de Bénédicte des Mazery

Paris, 1838. À onze ans, Jacques est arrêté en plein carnaval, puis incarcéré à la Petite-Roquette, où sont détenus des centaines d'enfants, vagabonds, mendiants, voleurs ou, comme lui, fils de famille placés là " pour correction paternelle ". D'abord terrifié, il y rencontre des compagnons d'infortune : Narcisse l'insurgé, Octave à la bouche édentée, Séraphin le doux rêveur et Charles qui déclame à tue-tête les vers du grand poète. Un chœur d'enfants entre les murs de cette " ville composée d'une foule de petites solitudes ", que décrira justement Victor Hugo, dans un Paris frappé par la misère, le choléra et les révolutions.

 

Bientôt confinés dans des cellules qui les isolent les uns des autres, n'ayant de contacts qu'avec des adultes – les surveillants, le directeur, l'instituteur et l'abbé Crozes, un humaniste –, les jeunes détenus n'ont plus que leurs rêves pour repousser les murs. Ténèbres et silence. Solitude infinie. Mais ils résistent : Narcisse, dans le sillage de Raspail et d'Évariste Galois, Jacques dans le doux souvenir de sa mère, Octave dans l'attente d'un père, Charles avec ses poèmes et ses chimères, et le petit Séraphin qui vole dans sa tête. Leurs voix intérieures vont s'élever et bientôt traverser les murailles, et les oiseaux de passage s'en iront. Libres.


Avant de devenir une prison pour femmes, la Petite-Roquette fut durant près d'un siècle (1836-1932) une maison de correction pour enfants. Elle devint le lieu d'application d'un système pénitentiaire venu des États-Unis : l'isolement complet.


Après La Vie tranchée et L'Ombre d'un homme, Bénédicte des Mazery restitue à ces invisibles leur histoire. Comme pour remonter à l'époque où ces fleurs sauvages qu'on appelait des " roquettes " poussaient en liberté dans les marais de l'Est parisien.


Avant que naisse la forêt de Jérôme Chantreau

Marié à une jolie rousse, père d’une petite fille, Albert vit paisiblement au bout du RER parisien. Un jour qu’il traîne au lit avec sa femme, il laisse le téléphone sonner. Le répondeur se déclench sa mère est morte. Démuni, Albert décide de faire le point et s’enferme seul avec l’urne maternelle dans la propriété familiale de Mayenne, une grande maison cerclée de plusieurs hectares de bois. Une idée l’obsède : trouver une chanson pour la cérémonie funèbre – une chanson qui dira à tous, et mieux que n’importe quel discours, qui était cette femme sensible et indépendante. Mais une nuit, il est réveillé par des bruits étranges. Dans l’aile ancienne du bâtiment, les murs chantent… Les échos font revenir le passé. Et puis, il y a cette légende familiale qui dit qu’un ermite erre dans la forêt. Commence alors la lente remontée des souvenirs, et avec elle, celle des secrets d’une mère que seul un fils pouvait entendre.

Le mont 84 de Yves et Ada Remy

Au nord de l’Arélie, faisant frontière avec le Parayaquill se dresse la chaîne des monts Chiffres. Le Mont 84 élève sa face grise et dure au-dessus de la jungle luxuriante et étouffante qui s’étale à ses pieds. Ancienne mine-prison, il s’est vidé de sa population au moment de la Guerre de 8 ans, et depuis plus rien ni personne n’a osé braver les panneaux « Danger, terrain miné ».

Jusqu’au jour où Bravo d’Iquitos, étudiant de La Nouvelle-Ozmüde au cœur brisé y trouve un refuge sans vie pour y durcir son cœur. Il sera rejoint dans sa retraite par deux forçats évadés du pénitencier de Monica qui arrivent avec des idées beaucoup moins romantiques que le jeune étudiant.
Rêvant de revanche et de révolte, les deux hommes décident de partir pour une équipée sauvage et meurtière qui donnera du fil à retordre aux différents services policiers qui pourraient croiser leur chemin. Bravo, n’ayant, se dit-il rien à perdre, suit les deux forçats, rêvant d’aventures et de folies.
C’est le lieutenant Van Goës qui va partir à leurs trousses, le jeune enquêteur brillant, beau et séducteur, un peu superficiel, un peu timide et complètement subjugué par ses proies. La traque va prendre des proportions effroyables, et la vie de chacun ne semble suspendue qu’à un fil, une liane.

Honoré- Petite anthologie du dessin politique

Les dessins d’Honoré se placent hors du temps. Hors du temps médiatique, mais dans le temps long des événements qui rythment notre vie de citoyen. Loin des anecdotes et des petites phrases qui alimentent aujourd’hui l’actualité, ces dessins rendent compte des grandes thématiques qui ont passionné cet illustrateur militant. Si les grandes figures politiques françaises et internationales sont présentes dans ce livre, ce sont leurs caractéristiques intemporelles qu’Honoré met en évidence. Avec une ironie jamais moqueuse, il dénonce la brutalité et l’absurdité de notre monde.

La Havane mon amour de Zoé Valdès

La Havane que vous découvrirez au fil de ces pages est celle que j'ai connue, celle de mes aventures, mais aussi celle de mes lectures, de mes écrivains de prédilection et de mes fantômes ? des fantômes que j'ai choisis, ou de ceux qui m'ont choisie. C'est La Havane de ma mère, et en l'absence de ma mère, La Havane est devenue ma mère, une mère lointaine et à jamais regrettée. C'est La Havane bagarreuse et bambollera (tapageuse) de mon père. La Havane particulièrement fervente et joyeuse de ma grand-mère. La Havane de ma génération, née ? année fatidique ? en 1959. La Havane de la pénurie et du désarroi, la ville de la fête et celle des sévices. La ville des évasions, des rencontres et des retrouvailles provoquées. La ville bordée par la mer, tour à tour d'or ou d'argent, [?]. La ville des infortunes, des persécutions, des crimes passés sous silence, des vols quotidiens que l'on commet pour survivre. La ville des grands amours et des orageuses déceptions, des passions, de la douleur, du souvenir, de l'oubli. [?] J'ai recréé les mystères de cette ville, ceux qui m'ont séduite, en les mêlant à des êtres et des situations de fiction, nés de l'imaginaire populaire ou de ma propre invention.

La destinée, la mort et moi de S.G Brown

Fabio a fini par détester son travail au fil des millénaires. Il doit attribuer les malheurs au genre humain et ne supporte plus d’être en charge des politiciens carriéristes et autres toxicomanes. De plus, Destinée le nargue avec sa bonne humeur et il est brouillé avec la mort à cause d’une vieille querelle. Pire encore, il est tombé amoureux d’une jeune mortelle.

 A la lecture de ce roman au titre rallonge, on rit beaucoup, on sourit très souvent, par le décalage des situations, par l'humour et les réparties de Sergio et par le talent de l'auteur pour raconter de manière humoristique des choses qui ne le sont pas forcément.

C'est  une critique de  notre société de surconsommation et l'image.  

L’assassinat des livres  sous la coordination par Cédric Biagini

Cerné de toute part, le livre est sommé de rentrer dans l’ordre numérique. Laboratoires du futur plus innovants que jamais, multinationales du Web, géants de l’électronique, pouvoirs publics et techno-enthousiastes œuvrent de concert pour faire disparaître ce petit « cube de papier » qui fait figure de fossile à l’heure où la culture numérique s’impose partout. Bien que sa liquidation ne se fasse pas aussi vite que prévu – le marché de l’e-book peinant à s’imposer en France –, les acteurs de la chaine du livre sont de plus en plus fragilisés, même si certains croient pouvoir transférer leur métier dans un monde qui n’a pourtant pas besoin d’eux. Et ce, alors que les modes de lecture induits par le livre, au fondement de nos façons de penser et de nos manières d’être au monde, sont aujourd’hui en crise. Le livre, dans sa linéarité et sa finitude, dans sa matérialité et sa présence, constitue un espace silencieux qui met en échec le culte de la vitesse, permet de maintenir une cohérence au milieu du chaos. Point d’ancrage, objet d’inscription pour une pensée critique et articulée, hors des réseaux et des flux incessants d’informations et de sollicitations, il est peut-être l’un des derniers lieux de résistance.

C’est ce que nous rappellent les libraires, bibliothécaires, éditeurs, auteurs, traducteurs et lecteurs, venus d’horizons divers, qui s’expriment dans cet ouvrage. Un peuple du livre, réfractaire aux illusions numériques, qui défend ce pour quoi il se bat au quotidien, à contre-courant des processus qui endommagent nos capacités de lecture, de contemplation, de réflexion, d’écoute et d’abandon esthétique, pourtant si nécessaires à la construction de soi et au bien-être collectif.

 

 

 

 


 

Prochainement

Dans le cadre du Projet Citoyen Partagé la médiathèque propose :

-                 Poésies Gourmandes du 7 au 25 mars

-                 Ne lâchez pas La Grappe le 25 mars à 15h : lecture de textes parus dans la revue La Grappe

-                 10 juin à 15 h Littérature et gourmandise par le comédien Timothée Laine

 

Deux expositions à destination des enfants :

-                 Il était une fois le miel du 21 février au 18 mars

-                 Je mangerais bien une histoire du 28 mars au 29 avril

 

Prochaines Lectures Méridiennes prévues

18 mars- 29 avril -13 mai -10 juin-1er juillet-16 septembre- 7 octobre (annonce du lauréat du Prix des Lecteurs de la Méridienne 2017)-9 décembre