Lectures Méridiennes du 9 avril 2016

 

Le vote pour le Prix des Lecteurs de la Méridienne est possible du 9 avril au 11 juin. 

Le prix sera décerné le samedi 18 juin à 16 h.

 

1. Parmi la liste des premiers romans sélectionnés  ont été lus :

La saison des Mangues de Cécile Huguenin

Premier roman. Trois générations de femmes aux  destins différents mais dont l’exil, le déracinement restent le point commun.

La poupée de Kafka de Fabrice Colin

Belle analyse des personnages, un beau rendu de l'ambiance et Kafka plane au-dessus du tout.

Notre château  d’Emmanuel  Régniez

Livre glaçant, étouffant mais qui reste longtemps en mémoire..

78 de Sébastien Rongier

Livre sobre mais qui surprend. Livre à découvrir.

Et celui qui a soif de Sylvain Pattieu

Livre qui surprendra ceux qui s’attendent à un livre de pirates. L’aventure est bien là mais l’auteur s’attache aussi à d écrire une société qui se voulait libre, solidaire, égalitaire.

 

2. Lectures croisées

Nous serons des héros de Brigitte Giraud

En ce début des années soixante-dix, Olivio et sa mère viennent de fuir la dictature portugaise. Ils s'installent dans une banlieue lyonnaise et emménagent bientôt chez Max, un rapatrié d'Algérien avec qui ils espèrent un nouveau départ. Alors que max accepte mal l'adolescent, Olivio se lie à Ahmed, un immigré algérien de son âge, auprès de qui il trouve tendresse et réconfort.

L’homme incertain de Stéphanie Chaillou

L'homme incertain est un texte écrit à la première personne. Un long monologue, celui d'un homme qui se retourne sur son passé suite aux questions de ses enfants. Tout jeune, il voulait une ferme, l'acheter, l'exploiter. C'est ce qu'il connaissait, ce qu'il souhaitait. À l'époque il pensait que les choses étaient simples, que la vie était simple. Alors il a suivi des études de technicien agricole, il a acheté une ferme, l'a exploité. Il était heureux, sa femme et les enfants aussi. Puis, en 1977, à 30 ans, c'est la faillite. La fin des paysans, la politique agricole commune. En contrepoint du récit du père qui se souvient, se demande ce qu'il pense et cherche à comprendre comment cela a pu se passer, les enfants, d'une seule voix, racontent les souvenirs de leur enfance. Comme un refrain, une comptine, la mémoire des beaux jours dont le père dans son désarroi ne se souvient plus. Écrit dans une langue élégante et qui chante, le roman de Stéphanie Chaillou raconte la perplexité et l'énergie d'un être devant les bouleversements du monde.

Les évaporés de Thomas  B.Reverdy

Ici, lorsque quelqu’un disparaît, on dit simplement qu’il s’est évaporé, personne ne le recherche, ni la police parce qu’il n’y a pas de crime, ni la famille parce qu’elle est déshonorée.
Partir sans donner d’explication, c’est précisément ce que Kaze a fait cette nuit-là. Comment peut-on s’évaporer si facilement? Et pour quelles raisons?
C’est ce qu’aimerait comprendre Richard B. en accompagnant Yukiko au Japon pour retrouver son père, Kaze. Pour cette femme qu’il aime encore, il mènera l’enquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de San’ya à Tokyo et des camps de réfugiés autour de Sendai.

Livre qui se lit comme un roman policier, une quête existentielle et un  roman d’amour. L’auteur  nous parle du Japon contemporain, de Fukushima et des yakuzas, mais aussi du mystère que l’on est les uns pour les autres, du chagrin amoureux et de notre désir de prendre la fuite.

La  grande aventure de la  Boudeuse  de Patrice Franseschi.

Un livre qui fait du bien. Rafraichissant.

Adrienne ne m’a pas écrit de Michelle Fourez

Des vies meurtries. La puissance de la musique. Un amour purement épistolaire qui se concrétisera enfin par-delà les peurs et les pudeurs. Livre délicieux. Une très belle histoire d’amour.

Photos de groupe au bord du fleuve  Emmanuel Dongola

 Un groupe d’une quinzaine  de femmes à cassent des blocs de pierre dans une carrière au bord d'un fleuve africain. Elles viennent d'apprendre que la construction d'un aéroport a fait considérablement augmenter le prix du gravier, et elles ont décidé ensemble que le sac qu'elles cèdent aux intermédiaires coûterait désormais plus cher, et que Méréana serait leur porte-parole dans cette négociation. L'enjeu de ce qui devient rapidement une lutte n'est pas seulement l'argent et sa faculté de transformer les rêves en projets - recommencer des études, ouvrir un commerce, prendre soin de sa famille... Malgré des vies marquées par la pauvreté, la guerre, les violences sexuelles et domestiques, l'oppression au travail et dans la famille, les "casseuses de cailloux" découvrent la force collective et retrouvent l'espoir.  Par sa description décapante des rapports de pouvoir dans une Afrique contemporaine dénuée de tout exotisme, ce roman s'inscrit dans la plus belle tradition du roman social et humaniste, l'humour en plus.

Les gens dans l’enveloppe d’Isabelle Monnin

 En juin 2012,  l’auteur a acheté  à un brocanteur un lot de 250 photographies d'une famille dont elle ne sait rien. Les photos arrivent dans une grosse enveloppe blanche quelques jours plus tard. Dans l'enveloppe il a des gens, à la banalité familière, bouleversante. Isabelle Monnin décide de les inventer puis de partir à leur recherche.

Un papa de sang de Jean Hazfeld

Jean Hatzfeld revient sur les collines de Nyamata, au bord de ses marais, vingt ans après le génocide. Il donne la parole ici non plus aux tueurs et aux rescapés dont les récits peuplaient ses précédents livres, mais à leurs enfants. Ils n’ont pas connu les machettes, mais ont grandi dans leur souvenir. Ils s’appellent Idelphonse, Fabiola, Immaculée, Fabrice, sont lycéens, couturiers ou agriculteurs. Ils partagent le génocide en héritage, mais pas du tout la même histoire familiale. Dans ces familles décimées, certains ont grandi dans le silence et le mensonge, ont affronté les crachats sur le chemin de l’école, d’autres ont été confrontés aux troubles de comportement de leurs parents, à la houe sur une parcelle aride dès l’adolescence. Ils dansent ensemble, fréquentent les mêmes cafés internet mais ne parviennent jamais à parler des fantômes qui ont hanté leur enfance. Leurs récits à la première personne, au phrasé et au vocabulaire métaphorique si particuliers, se mêlent aux chroniques de la vie de tous les jours sur les parcelles ou dans la grande rue.

Après le silence de Didier Castino

Dans un monologue adressé au plus jeune de ses fils, Louis Catella relate son parcours. A 16 ans, il découvre la pénibilité du travail en usine. Plus tard, il s'engage dans les combats de Mai 68, rencontre Rose avec qui il a trois fils et décide à l'âge de 40 ans de reprendre des cours. Alors qu'il meurt suite à un accident du travail, l'impossible monologue se poursuit. Premier roman.

 

Radeau d’Antoine Choplin

1940, en pleine débâcle, Louis, au volant d'un camion, fuit devant l'arrivée prochaine des Allemands. Sa cargaison est précieuse. Il transporte des tableaux du Louvre qu'il faut mettre à l'abri. Sur la route, il dépasse une femme. Les consignes du plan "Hirondelle" sont strictes. Il ne doit pas s'arrêter. Et pourtant...

 

 

Prochaine Lectures Méridiennes le samedi 21 mai à 10h